Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez via ces liens, Chez Soi, Doucement peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.
Un soir de décembre, vers dix-sept heures, je me suis rendu compte que je relisais la même phrase pour la quatrième fois. Le texte n’était pas en cause. La lampe, une applique ancienne à abat-jour en tissu, éclairait la page de façon inégale, et mes yeux peinaient à se fixer. Il m’a fallu quelques essais pour comprendre que la lumière d’un coin de lecture se règle comme un instrument, avec trois curseurs : la couleur, la direction et la hauteur.
La couleur de l’ampoule
Les ampoules portent une indication de température de couleur, exprimée en kelvins. Une valeur autour de 2700 K donne la teinte jaune-orangé d’une ancienne lampe à filament, chaleureuse et reposante. Vers 4000 K, la lumière devient blanche et neutre, celle des bureaux. Au-dessus, elle tire sur le bleuté et rappelle un ciel d’hiver clair.
Pour le coin lecture du soir, je choisis la teinte chaude. Elle ne perturbe pas l’endormissement autant qu’une lumière froide, et elle flatte les couleurs du bois et des tissus. En revanche, pour lire des caractères très fins ou des partitions, une teinte légèrement plus neutre améliore le contraste. Le plus simple est d’essayer : on a presque toujours dans un tiroir une ancienne ampoule d’une autre teinte à comparer.
Il faut aussi regarder la qualité de rendu des couleurs, notée IRC sur l’emballage. Plus l’indice est élevé, plus les couleurs paraissent naturelles. Une ampoule à faible IRC rend les pages grisâtres et les visages blafards.
La puissance, c’est moins que l’on croit
Le réflexe est d’ajouter de la puissance quand on lit mal. En réalité, ce qui compte, c’est que la lumière arrive au bon endroit. Une ampoule modérée, bien placée, éclaire mieux la page qu’une ampoule forte accrochée au plafond. Sur l’emballage, on lit le flux lumineux en lumens : pour une lampe de lecture, quelques centaines de lumens suffisent amplement. Au-delà, la page éblouit et l’on se met à fermer les yeux à demi.
Si la lampe dispose d’un variateur, tant mieux : on baisse l’intensité en fin de soirée pour accompagner l’endormissement. Attention cependant, toutes les ampoules ne sont pas compatibles avec un variateur, et le mauvais couple provoque un léger scintillement, très fatigant à la longue. L’emballage le précise toujours.
La direction du faisceau
L’erreur classique consiste à placer la lampe derrière soi, ou en face. Derrière, l’ombre de la tête tombe sur la page. En face, la lumière arrive dans les yeux. Le bon endroit se trouve sur le côté, un peu en arrière de l’épaule, et le faisceau doit tomber sur la page en biais.
- Pour un droitier, la lampe se met à gauche, pour que la main ne fasse pas d’ombre en tournant les pages.
- Un abat-jour clair et opaque dirige la lumière vers le bas. Un abat-jour translucide la diffuse partout, ce qui plaît pour l’ambiance mais éclaire moins la page.
- La partie visible de l’ampoule ne devrait jamais être dans le champ de vision quand on regarde le livre. Si on la voit, on est ébloui.
La hauteur
Une lampe trop basse éclaire le livre mais éblouit les yeux. Trop haute, elle éclaire la pièce et laisse la page dans la pénombre. La règle empirique que j’utilise : le bas de l’abat-jour doit se situer à peu près à la hauteur des yeux quand on est assis, ou légèrement en dessous. Chez moi, cela correspond à environ un mètre dix du sol pour le fauteuil, un peu moins pour le canapé.
On ajuste facilement sans rien acheter : une lampe de table posée sur une pile de livres monte de dix centimètres, une lampe de bureau posée sur un petit tabouret fait un peu mieux. J’ai longtemps cherché la lampe idéale avant de comprendre que ma lampe était simplement trop basse.
Sécurité et entretien
- Une ampoule ne touche jamais le tissu de l’abat-jour. Les ampoules à filament ou halogènes chauffent beaucoup. Les modèles à diodes chauffent peu, mais gardent de la distance quand même.
- Respectez la puissance maximale indiquée sur la lampe : elle protège le câblage.
- Un câble qui traîne au sol fait trébucher. Je le fais passer le long du mur ou je le fixe avec du ruban adhésif de papier, qui ne laisse pas de trace.
- Si un fil est abîmé, une prise chauffe ou une lampe grésille, il est temps de faire appel à un électricien plutôt que de bricoler.
- La poussière sur l’ampoule et l’abat-jour diminue la lumière. Un coup de chiffon sec, lampe éteinte et refroidie, suffit.
Deux lumières valent mieux qu’une
Lire sous une seule lampe dans une pièce sombre fatigue, car l’œil passe sans cesse de la page très claire au fond très sombre. Une seconde lumière douce, loin du livre, réduit le contraste. Une petite lampe sur une étagère ou une guirlande derrière un meuble suffit. L’objectif n’est pas d’éclairer la pièce, juste d’adoucir la transition.
Pour commencer ce soir
Prenez la lampe qui se trouve déjà près de votre fauteuil et déplacez-la sur le côté, juste en arrière de l’épaule. Tournez l’abat-jour vers la page, vérifiez qu’on ne voit pas l’ampoule en lisant, et lisez dix minutes. Si la page paraît encore trop sombre, montez la lampe sur une pile de livres avant d’envisager une ampoule plus puissante.



