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Textiles & plaids

Réparer un plaid ou une housse au lieu de les remplacer

Matière
maille
Saison
hiver
Effort
un après-midi
Réparer un plaid ou une housse au lieu de les remplacer

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Une soirée de mars, la dernière avant que la lumière ne s’allonge vraiment. Sur le dossier du fauteuil, un plaid de gros tricot a perdu de sa superbe : des boucles tirées, quelques bouloches, un coin qui s’effiloche. Plutôt que de le remplacer, l’idée vient de le réparer, et de regarder autrement les textiles abîmés. Un plaid usé n’est pas un plaid fini. Il demande quelques gestes simples, que n’importe qui peut apprendre en une soirée.

Réparer avant de remplacer : un état d’esprit

Dans un cocooning raisonné, un objet qu’on aime reste, et on s’efforce de le faire durer. La réparation visible, ou « mending », a même gagné ses lettres de noblesse : un point apparent, un fil de couleur contrastée, un patch de tissu ancien deviennent une marque d’affection plutôt qu’un défaut. Pour un plaid, un coussin ou un rideau, la plupart des dégâts se règlent avec une aiguille, du fil et un peu de patience.

Le matériel de base

  • Des aiguilles à coudre de tailles variées, dont une à gros chas pour la laine.
  • Du fil de coton solide et un fil de laine fin pour les tricots.
  • Une paire de petits ciseaux bien affûtés.
  • Un crochet à rattraper les mailles, ou à défaut une aiguille à coudre fine.
  • Un peigne ou un rasoir à bouloches.
  • Un dé à coudre si l’on travaille un tissu épais.

Ce petit kit tient dans une boîte à biscuits, et il évite l’achat de plaids de remplacement bien plus souvent qu’on ne le croit.

Les dégâts courants et leurs solutions

La maille tirée ou la boucle qui dépasse

Le réflexe est de couper, et c’est une erreur : on crée un trou. On pousse plutôt le fil vers l’envers du tissu avec un crochet fin, ou à l’aide d’une aiguille glissée sous la boucle. Le tissu reprend sa forme, et le défaut disparaît à l’œil. Si le fil refuse de rentrer, on le coupe seulement une fois qu’il est passé de l’autre côté.

Les bouloches

Elles sont normales sur la laine, surtout les premiers mois. On travaille le tissu à plat, sur une surface dure, avec un peigne à bouloches ou un rasoir spécial, en glissant sans appuyer. On évite les ciseaux sur les grandes surfaces, trop risqués pour la trame.

Le bord qui s’effiloche

Pour un plaid en laine ou en coton tissé, un point de feston (ou point de boutonnière) sur le bord retient les fils. Un fil de couleur légèrement différente, cousu régulièrement, donne l’allure d’une finition voulue. Pour les franges abîmées, on peut les couper à la même longueur et les retordre à nouveau en les roulant entre les doigts.

Le petit trou ou la brûlure

Un trou de la taille d’une pièce se raccommode au point de reprise, avec un fil proche de la couleur, ou se recouvre d’un patch cousu à points apparents. Sur un tissu feutré comme certaines laines, un fin disque de laine peut aussi être aiguilleté à l’aiguille spéciale, sans couture. Si le trou provient d’une brûlure, on vérifie que le tissu n’est pas devenu cassant autour, et on coupe la zone fragilisée.

La housse de coussin dont la fermeture lâche

Une fermeture à glissière défaillante peut se remplacer en détachant les points à l’aide d’un découd-vite. Si la couture n’est pas à la portée, on peut la remplacer par une patte de recouvrement ou quelques boutons, sans pièce à acheter si l’on a quelques boutons de récupération.

Le raccommodage visible, mode d’emploi

  1. Poser le tissu à plat et repérer la zone abîmée. Il faut une base saine tout autour, d’environ un centimètre de large.
  2. Choisir un fil contrasté ou ton sur ton, selon l’effet voulu.
  3. Faire des points droits parallèles, en traversant le trou, puis des points perpendiculaires qui tissent les premiers.
  4. Arrêter le fil à l’envers par deux petits nœuds.
  5. Presser légèrement avec les doigts. Surtout pas de fer très chaud sur la laine.

Avec un peu de pratique, un petit trou se ferme en un quart d’heure, et l’on prend goût à ce temps lent, la lumière de la lampe sur les mains.

Quand remplacer plutôt que réparer

Constat Décision
Tissu aminci partout, qui se déchire au toucher Réemployer en chiffon ou en doublure
Moisissures profondes ou odeur persistante après lavage Écarter, surtout pour un textile de chambre
Infestation de mites étendue Isoler, traiter, ou se séparer du textile
Une seule zone abîmée, fibre saine alentour Réparer

Les bonnes pratiques qui évitent l’usure

  • Ne pas tirer sur un plaid pour le déplier : on le prend par les angles.
  • Couper les ongles et retirer les bagues avant de s’envelopper dans une maille lâche.
  • Faire tourner les textiles : celui qu’on utilise chaque jour s’use deux fois plus vite que celui qu’on alterne.
  • Protéger les accoudoirs et zones de frottement avec un petit couvre-fauteuil de coton qu’on lave à part.
  • Pour les animaux, couper régulièrement les griffes, et prévoir un coin de tissu serré qui leur est réservé.

Ce que la réparation apporte à la maison

Au-delà de l’économie, un textile réparé a une histoire. Le plaid dont on se souvient avoir repris le coin, la housse recousue après avoir été griffée par le chat : ces objets-là se laissent moins facilement remplacer. Ils donnent à la maison cet air habité qu’aucune boutique ne peut vendre. Et il y a un plaisir tranquille à coudre un soir d’hiver, avec une tisane et une lumière basse, qui fait partie du cocooning autant que le tissu lui-même.

Si le sujet vous intéresse, les brocantes et les marchés de quartier sont de bons endroits pour trouver, à petit budget, boutons anciens, bobines de fil et chutes de tissu pour les réparations.

Pour commencer ce soir

Choisissez un seul textile abîmé, le plus proche de vous, et repérez son défaut. S’il s’agit d’une boucle tirée, rentrez-la à l’envers avec une fine aiguille. S’il s’agit de bouloches, passez-y le peigne cinq minutes. Un seul geste, pour un seul objet : vous verrez vite la différence, et l’envie de continuer viendra d’elle-même.

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