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Cocooning petit budget

Une housse de coussin cousue à la main, sans machine

Matière
tissu
Saison
hiver
Effort
un après-midi
Une housse de coussin cousue à la main, sans machine

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Un samedi pluvieux de février, un coussin de canapé a rendu l’âme : la housse s’est déchirée à l’angle, et la garniture dépasse. Pas de machine à coudre à la maison, pas l’envie d’en acheter une. Le réflexe a été de chercher dans les placards un vieux tissu, une chemise en lin, un morceau de rideau. Une housse de coussin se fait très bien sans machine, avec une aiguille, du fil solide et un après-midi tranquille.

Pourquoi fabriquer plutôt qu’acheter

Le textile d’un coussin se voit et se touche tous les jours. Une housse choisie dans un tissu que l’on aime, dont on connaît le toucher, change davantage l’atmosphère d’une pièce qu’un objet décoratif. Avec des chutes, on obtient aussi des associations de matières difficiles à trouver toutes faites : un lin lavé d’un côté, une laine de l’autre, une toile de coton épaisse au dos.

Les matières qui se travaillent bien à la main

  • Le lin et le coton épais : stables, faciles à plier, ils tiennent bien les coutures à la main.
  • La laine tissée (une vieille couverture, un manteau) : agréable au toucher et chaude à l’œil, elle s’effiloche un peu aux bords, d’où l’intérêt d’un ourlet.
  • Le velours de coton : très doux, mais il glisse sous l’aiguille. On le fixe avec des épingles ou des pinces avant de coudre.
  • La maille de pull : on coud les bords d’un pull en laine épaisse pour en faire une housse déjà prête. Pas besoin de patron.

On évite les tissus très fins ou très glissants, pénibles à coudre à la main, et les matières synthétiques qui accrochent l’électricité statique en hiver.

Le matériel de base

Une aiguille à chas large, du fil solide (un fil à coudre épais ou à boutons), des épingles ou des pinces, une paire de ciseaux, un mètre ruban, une règle. Un bout de craie de tailleur ou un crayon à papier fait l’affaire pour tracer. Rien d’autre.

Une housse à rabat, la plus simple

La housse à rabat, ou « portefeuille », évite d’installer une fermeture. Pour un coussin carré d’environ 40 cm de côté, la méthode est la suivante.

  1. Mesurer le coussin. Pour que la housse soit bien tendue, on la coupe légèrement plus petite que la garniture, de deux ou trois centimètres. Un coussin qui remplit sa housse a meilleure allure.
  2. Découper deux morceaux de tissu. Chacun mesure la largeur du coussin, et environ les deux tiers de sa hauteur plus la marge de recouvrement. Ils se chevauchent d’une dizaine de centimètres au centre du dos.
  3. Ourler les bords qui se chevauchent. On replie le tissu deux fois sur un centimètre et on coud un petit point de côté régulier. C’est ce bord qui reste visible, donc on soigne les points.
  4. Assembler endroit contre endroit. On pose les deux morceaux face contre face, avec le chevauchement, on épingle sur les quatre côtés et on coud en point arrière, qui est plus solide que le point avant. On revient deux fois sur les angles, qui tirent le plus.
  5. Retourner la housse. On dégage les angles avec le doigt, on aplatit les coutures, et on glisse le coussin.

Un point arrière bien fait se voit à peine et résiste au quotidien. Si un fil casse, on reprend simplement le morceau.

Sans couture du tout : le nœud et le pli

Pour un après-midi plus court, il existe des solutions sans aiguille. Un grand carré de tissu posé en diagonale, le coussin au centre, dont on rabat les coins et on noue deux à deux : c’est l’esprit du furoshiki. Le résultat est plus décontracté, parfait pour un coussin de sol ou une assise d’appoint. On défait le nœud pour laver le tissu.

Penser à l’ensemble de la pièce

Deux ou trois housses faites avec le même type de matière mais des motifs différents suffisent à donner de la cohérence. Un lin uni, un lin rayé, une laine à carreaux : l’œil lit l’ensemble comme une famille. Il vaut mieux limiter les motifs à deux, et laisser un coussin uni faire la transition.

Le choix de la couleur dépend de la lumière de la pièce. Dans un salon peu éclairé, des teintes chaudes comme l’ocre, le rouille ou le vert mousse chauffent l’ambiance. Dans une pièce lumineuse, les tons écrus et sable apaisent.

Entretien

Avant la découpe, on lave le tissu à la température où il sera lavé ensuite, pour éviter qu’il rétrécisse une fois cousu. Les housses en lin et en coton se lavent facilement, si l’on a eu soin de choisir un tissu dont la teinte ne déteint pas : un test avec un coin humide appuyé sur un linge blanc donne la réponse. La laine se lave à la main ou, mieux, s’aère et se brosse. Les housses à rabat se retirent en quelques secondes, ce qui facilite le lavage.

Sécurité avec les enfants et les animaux

Les boutons, perles et rubans détachables sont à proscrire dans une maison avec de jeunes enfants. Les coutures doivent être solides, car un coussin dont la garniture s’échappe devient un risque d’étouffement. Pour un coussin d’animal, on choisit un tissu sans fermeture ni élément métallique.

Réparer plutôt que remplacer

Quand le coussin lui-même est affaissé, on peut ouvrir une couture, ajouter de la garniture récupérée (une ancienne housse de couette en fibres creuses, par exemple, si elle est propre) et refermer au point d’échelle, invisible. Un coussin regonflé retrouve de la tenue pour longtemps.

Pour commencer ce soir

Choisir un tissu dans un placard, le poser sur le coussin le plus fatigué du canapé et regarder s’il lui va. Si oui, le plier autour, fixer avec trois épingles, et tracer d’un trait de crayon la ligne de coupe. Le reste attendra demain, mais l’envie de faire sera déjà là.

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