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Bois & matières naturelles

Branches, bois flotté et brocante : ramener un peu de dehors à l’intérieur

Matière
bois glané
Saison
automne
Effort
un week-end
Branches, bois flotté et brocante : ramener un peu de dehors à l'intérieur

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Un dimanche d’octobre, après une promenade au bord de la rivière, je rentre avec une branche de saule trouvée par terre et un morceau de bois flotté blanchi par l’eau. Dans la cuisine, l’odeur de terre humide emplit tout de suite la pièce. Je les pose dans un grand pichet de grès, sans réfléchir, et la maison change un peu : elle se souvient qu’elle fait partie d’un paysage.

Glaner, c’est choisir avec soin

Ramasser des matières naturelles est un plaisir presque gratuit, mais il demande un peu de discernement. Tout n’est pas à emporter, et certains endroits sont protégés. Dans un parc naturel, une réserve ou une forêt privée, on regarde les règles locales avant de prélever quoi que ce soit. Sur une plage ou au bord d’un cours d’eau, un ou deux morceaux de bois suffisent : ils servent d’abri à des petits animaux et participent au paysage.

  • Branches mortes tombées au sol plutôt que coupées sur un arbre vivant.
  • Bois flotté choisi sec, sans odeur de vase, sans traces de peinture ou de goudron.
  • Écorces, pommes de pin, cônes ramassés au sec, loin des sentiers où passent les chiens.
  • Graminées et herbes séchées cueillies là où elles abondent, en laissant l’essentiel sur place.

Préparer avant d’installer

Un morceau de bois ramassé dehors contient de l’humidité, de la terre, parfois des insectes ou des champignons. Mieux vaut le préparer avant de l’amener au salon.

  1. Brosser à sec. Une vieille brosse à dents et un chiffon retirent la terre et les débris. Pour le bois flotté, un rinçage à l’eau claire et un séchage soigné suffisent.
  2. Laisser sécher plusieurs jours. Une pièce aérée, à l’abri de la pluie, loin d’un radiateur qui ferait éclater le bois. Les grosses branches demandent parfois deux semaines.
  3. Contrôler les occupants. Des petits trous avec de la sciure fine signalent des insectes xylophages. On écarte le morceau ou on le garde dehors, jamais près des meubles en bois.
  4. Ponçage léger. Un coup de papier de verre fin sur les éclats qui piquent protège les mains et les tissus.
  5. Finition facultative. Une très fine couche de cire d’abeille avive la teinte. Souvent, le bois nu est déjà joli, et il est inutile de vernir.

Des mises en scène sans achat

  • Une branche dans un grand vase. Avec ses ramifications, elle occupe l’espace de façon aérienne. Quelques brindilles de saule, de cornouiller ou de noisetier tiennent des semaines sans eau.
  • Le bois flotté comme sculpture. Posé seul sur une console ou à côté d’une bougie dans un bol, il joue le rôle d’une pièce de musée sans prétention.
  • Une cagette de brocante. En bois patiné, elle peut servir de rangement pour les revues, de support pour des plantes, de bac à bûches.
  • Une planche glanée. Posée sur deux piles de livres, elle fait une étagère provisoire, sans aucun perçage.
  • Un bouquet sec. Graminées, fleurs de lunaire, têtes de pavot, tiges de blé, glanées en automne, durent tout l’hiver et apportent des teintes beige et ocre.

Brocante : lire le bois avant d’acheter

Les brocantes regorgent d’objets en bois : boîtes, manches d’outils, tabourets, planches à pain, cadres. Pour éviter les mauvaises surprises, quelques gestes simples comptent. On renifle : une odeur de moisi ou de produit chimique persistant est un mauvais signe. On regarde l’envers : les trous de vers actifs laissent de la poudre claire. On teste la solidité : un assemblage qui joue ou une fente profonde demandent réparation. Enfin, on vérifie l’état de la peinture : sur un objet ancien, elle peut contenir du plomb, ce qui impose de ne pas la poncer à sec ni de laisser un enfant la mâchouiller.

Pour le reste, la patine ancienne se respecte. Une cagette grise, un cadre qui a perdu un peu de dorure, un tabouret marqué par les pieds : ce sont les traces d’usage qui donnent le caractère. On nettoie à l’eau savonneuse légère, on laisse sécher, on nourrit à la cire si le bois est mat.

Précautions de sécurité

Les matières glanées sont sèches, donc inflammables. Une branche séchée placée près d’une bougie ou d’un poêle devient un combustible. On garde donc ces éléments éloignés de toute flamme, des lampes à ampoule chaude et des radiateurs. Le bois flotté, imprégné de sel, ne se brûle pas dans une cheminée, car la combustion libère des substances irritantes. Le bois traité, peint ou verni ne va jamais au feu.

Avec des enfants ou des animaux, les petits morceaux de branche, les pommes de pin et les écorces sont à garder hors de portée. Certaines plantes séchées sont toxiques pour les chats ou les chiens : en cas de doute, on s’en tient à des graminées et à des branches simples. Pour les personnes allergiques aux moisissures ou aux pollens, un stockage au sec et un nettoyage régulier à l’aspirateur sont de mise.

Une maison qui suit les saisons

Ce que j’aime dans cette pratique, c’est son rythme. L’automne apporte les graminées et les feuilles ocre, l’hiver les branches nues et les cônes, le printemps les chatons de noisetier. On renouvelle, on range ce qui a fait son temps, et l’ensemble reste frais sans rien dépenser. La maison porte la saison dans ses coins, comme un calendrier discret.

Pour commencer ce soir

Choisir une branche ou une brindille de l’extérieur, de préférence morte et sèche, la brosser avec un chiffon, la glisser dans un pichet ou un bocal que l’on a déjà, et la poser près d’une lampe. Éteindre le plafonnier. L’ombre de la branche sur le mur suffit pour la soirée.

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