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Parfums d'intérieur

Aérer d’abord, parfumer ensuite

Matière
air
Saison
toute l'année
Effort
sans achat
Aérer d'abord, parfumer ensuite

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Un dimanche de novembre, vers dix-sept heures, la maison sent le café refroidi, le linge qui sèche sur le radiateur et, quelque part, une vague odeur de renfermé que l’on ne remarque plus à force de la respirer. Les fenêtres sont fermées depuis le matin parce qu’il fait frais, et l’air s’est chargé de tout ce que l’on y a fait vivre. Le réflexe est de chercher un parfum pour couvrir l’ensemble. C’est généralement le mauvais ordre des choses.

Pourquoi l’air d’abord, le parfum ensuite

Une odeur de maison ne vient presque jamais d’un manque de parfum. Elle vient d’un air qui stagne : humidité de la douche, vapeur de cuisson, textiles qui n’ont pas séché complètement, poussière déposée dans les recoins. Poser une senteur sucrée par-dessus ne supprime rien, cela ajoute une couche. Le nez s’y habitue vite, on augmente la dose, et la pièce finit par sentir à la fois le renfermé et la vanille chauffée.

Dans une vieille maison à l’inertie thermique lente, comme celles où l’hiver s’installe dès octobre, le problème est accentué. Les murs épais gardent le froid et l’humidité, les joints des fenêtres anciennes laissent passer de petits courants d’air, mais pas assez pour renouveler l’air en profondeur. On a donc à la fois froid et l’impression d’étouffer. Rien de paradoxal : renouveler l’air est un geste distinct de chauffer.

Le geste qui change tout : dix minutes, fenêtres grandes ouvertes

La règle la plus simple, et la plus efficace, tient en une phrase : aérer peu de temps, mais en grand. Dix minutes, fenêtres ouvertes en opposition lorsque c’est possible, suffisent pour remplacer l’air d’une pièce, y compris en hiver. Les murs et les meubles gardent leur chaleur, c’est l’air seul qui se renouvelle, et il se réchauffe très vite après la fermeture.

Une fenêtre entrouverte pendant des heures fait l’inverse : elle refroidit les parois sans vraiment brasser l’air. Mieux vaut un courant d’air franc, bref, deux ou trois fois par jour. Voici un rythme qui tient dans une journée de travail à la maison :

  • au lever, avant de chauffer, pendant que l’on prépare le petit déjeuner ;
  • en milieu de journée, quand la lumière est la meilleure et que l’on fait une pause ;
  • en fin d’après-midi, juste avant d’allumer les lampes et de refermer la maison pour la soirée.

Ce dernier moment compte pour la suite : c’est à cet instant que l’on peut décider d’ajouter ou non une senteur.

Chercher la source avant de masquer

Quand une odeur persiste malgré l’aération, il faut la traquer. Quelques coupables reviennent souvent, et la plupart se règlent sans achat.

  • La poubelle et son couvercle. Un simple lavage à l’eau chaude et au vinaigre blanc dilué, puis un séchage complet au soleil ou près d’une fenêtre, fait plus que n’importe quel spray.
  • Les textiles. Coussins, plaids, rideaux gardent les odeurs de cuisine et de tabac froid. Un passage à l’air libre quelques heures, ou un lavage selon l’étiquette, change nettement la pièce.
  • Le bac du lave-linge et le joint du hublot. Un joint humide fermé en permanence sent vite. Laisser la porte entrouverte entre deux lessives suffit souvent.
  • L’évacuation de l’évier ou du lavabo. Un bouchon de graisse ou de savon donne une odeur de fond difficile à situer. Un nettoyage mécanique, puis de l’eau très chaude, règle la plupart des cas.
  • Les chaussures et le manteau d’hiver. Humides en entrant, ils sentent dès qu’ils restent dans un coin sans air.

Si l’odeur ressemble à du moisi, qu’elle est localisée au pied d’un mur ou derrière un meuble, ou si l’on voit des taches sombres, le parfum n’est pas la bonne réponse. Il s’agit d’un problème d’humidité à traiter à la source, et mieux vaut demander l’avis d’un professionnel du bâtiment plutôt que de couvrir.

Ce que l’on peut faire avec ce que l’on a déjà

Une fois l’air renouvelé et la source écartée, il reste souvent très peu à ajouter. Quelques gestes simples, qui ne demandent aucun achat :

  1. Le bol de bicarbonate. Une petite coupelle de bicarbonate de soude, posée dans un coin de pièce ou au fond d’un placard, absorbe une partie des odeurs. On la remue de temps en temps et on la remplace tous les mois environ.
  2. Le linge aéré. Suspendre les plaids et les coussins dehors un après-midi sec, même froid, redonne au tissu une odeur neutre et propre qu’aucune bougie n’égale.
  3. Le marc de café sec. Un petit bol de marc bien séché capte aussi certaines odeurs, notamment près de l’entrée ou de la cuisine. Il doit rester parfaitement sec, sinon il moisit.
  4. Un peu de cuisine douce. Faire frémir une casserole d’eau avec une écorce de citron ou un bâton de cannelle parfume la maison avec légèreté, à condition de ne jamais laisser la casserole sans surveillance.

Ces solutions ont un point commun : elles restent discrètes. Elles ne remplacent pas l’aération, elles la prolongent.

Quand ajouter une senteur, et laquelle

Après une vraie aération, l’air est plus neutre, et c’est le meilleur moment pour une senteur choisie plutôt que subie. Une bougie légère allumée une heure, un peu de peau d’orange séchée, un brin de romarin posé sur le rebord : l’odeur reste lisible, elle ne couvre rien. On peut remarquer que le même parfum paraît plus fin dans un air propre et plus lourd dans un air chargé. C’est une bonne façon de vérifier si l’on en met trop : si le parfum devient pesant au bout d’une heure, la dose est trop forte ou la pièce manque d’air.

Certaines personnes de la maison réagissent plus vite que d’autres. Un enfant, un animal, une personne asthmatique ou enceinte peuvent être gênés par des senteurs que l’adulte moyen trouve agréables. Une pièce bien aérée avant et après réduit déjà cette gêne. En cas de toux, de maux de tête ou d’yeux qui piquent, on arrête, on ouvre, on voit si les symptômes passent.

Un cas particulier : les pièces d’eau et les placards

La salle de bains et les placards sont les endroits où l’air stagne le plus. Pour la salle de bains, une fenêtre ouverte après la douche ou une ventilation qui fonctionne vraiment (un papier léger placé devant la grille doit être aspiré) vaut mieux que tout diffuseur. Dans les placards, laisser les portes entrouvertes de temps en temps, ne pas serrer le linge, et vérifier qu’aucun vêtement n’est rangé encore humide suffit souvent.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Plusieurs réflexes semblent pratiques et se retournent contre le confort : multiplier les produits parfumés dans une même pièce, superposer une bougie, un spray et un diffuseur, ou laisser une senteur allumée toute la journée. Le nez s’habitue, on ne perçoit plus rien, et les autres occupants, eux, reçoivent le tout. Mieux vaut une seule source à la fois, en quantité modeste, et des plages sans parfum du tout.

Pour commencer ce soir

Avant d’allumer la moindre lampe, ouvrir les fenêtres du salon et d’une autre pièce en vis-à-vis, régler un minuteur sur dix minutes, aller se chercher une tasse chaude dans une pièce voisine. À la fermeture, l’air sera neuf, la température remontera vite, et il sera temps de décider si la maison a encore besoin d’une odeur. Souvent, la réponse est qu’elle sent simplement bon l’air propre.

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