Aller au contenu
Cocooning petit budget

Un boudin de porte maison contre les courants d’air

Matière
tissu
Saison
hiver
Effort
un après-midi
Un boudin de porte maison contre les courants d'air

Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez via ces liens, Chez Soi, Doucement peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.

Dans le couloir, la porte de l’entrée ne joint plus tout à fait. Un filet d’air froid file sur le carrelage, et le soir, on le sent monter le long des jambes jusqu’au bureau. Dans une maison ancienne, ce genre de défaut est presque une signature. Plutôt que de réaliser des travaux, une solution modeste existe depuis toujours : le boudin de porte, un long tube de tissu lesté que l’on pose au pied du battant.

Comment un boudin arrête le froid

L’air froid est plus dense que l’air chaud : il se glisse par les jours en bas des portes et rampe sur le sol. Un boudin bouche cet interstice et casse le courant. Il ne remplace pas un joint de porte, mais il atténue nettement la sensation de froid aux pieds, surtout dans un couloir, devant une porte-fenêtre ou à l’entrée d’une pièce peu chauffée. C’est aussi un objet textile à part entière : on peut choisir sa matière et sa couleur pour qu’il participe à l’ambiance.

Le tissu et le remplissage

Le tissu idéal est épais, solide et facile à laver : toile de coton, lin épais, laine tissée, velours côtelé. Un vieux pantalon en velours, une manche de manteau, un reste de rideau conviennent très bien. On évite les tissus trop fins qui se déchirent au premier coup de pied.

Pour le remplissage, il faut du poids et de la souplesse. Quelques options courantes :

  • Des chutes de tissu et de vieux vêtements découpés en petits morceaux : légers, ils créent du volume. On les associe à un autre matériau plus lourd.
  • Du riz, des lentilles ou des graines sèches : lourds et souples, mais appréciés des souris. Dans un logement où elles peuvent venir, on préfère un autre choix.
  • Du sable fin et bien sec, glissé dans un sachet intérieur en tissu serré : très lourd, très stable, mais il faut s’assurer que la couture est étanche.
  • Des noyaux de cerise ou des graines de lin : lourds, souples et doux au toucher.

Le plus pratique est de combiner un sachet intérieur lesté et une enveloppe extérieure lavable : on peut ainsi retirer le sachet pour laver le tissu.

La fabrication, étape par étape

  1. Mesurer la porte. La largeur du battant donne la longueur du boudin, à quelques centimètres près. Pour un diamètre de 10 à 12 cm environ, on coupe un rectangle de tissu d’environ 35 cm de large.
  2. Plier le tissu dans la longueur, endroit contre endroit, et coudre le long côté à petits points arrière. Une machine facilite la tâche, mais le point arrière à la main suffit, pour qui prend son temps.
  3. Fermer un des bouts. On coud une extrémité en la plissant légèrement, puis on retourne le tube sur l’endroit.
  4. Remplir par le bout ouvert. Un entonnoir en papier, roulé, simplifie le travail. On remplit aux trois quarts seulement, pour que le boudin reste souple et épouse le sol.
  5. Fermer la seconde extrémité avec de petits points serrés et réguliers. On revient deux fois sur la couture : un bout qui s’ouvre libérerait le remplissage sur le sol.

Pour un modèle plus polyvalent, on peut faire un tube plus large, coupé en deux compartiments qui chevauchent le battant de chaque côté.

Les bonnes habitudes d’utilisation

On pose le boudin du côté où le froid arrive, le plus souvent côté extérieur ou côté couloir, bien tassé contre le bas du battant. Pour le tenir en place, un petit morceau de ruban antidérapant en dessous peut aider, mais ce n’est pas indispensable si le poids est suffisant.

Un boudin se range en fin de saison avec les textiles d’hiver, après un lavage de l’enveloppe. Les remplissages naturels, graines et noyaux, sont à garder au sec pour éviter moisissures et insectes.

Autres gestes modestes contre les courants d’air

  • Un rideau lourd devant une porte d’entrée, tiré le soir, réduit nettement la sensation de froid. Il doit rester à distance du sol pour ne pas être piétiné.
  • Un plaid roulé et calé en bas d’une fenêtre qui ferme mal fait office de petit calfeutrage temporaire.
  • Du papier journal froissé glissé dans une fente d’un volet non utilisé protège un peu, à condition de l’ôter en fin de saison.

Pour un problème de fond (menuiserie qui gauchit, joint défaillant), un artisan menuisier saura proposer un joint adapté. Il ne faut pas bricoler autour d’une ventilation : une pièce avec un chauffage à combustion, un chauffe-eau à gaz ou une chaudière nécessite des entrées d’air. On ne calfeutre jamais ces ouvertures sans l’avis d’un professionnel, car le risque de monoxyde de carbone est réel.

Sécurité et enfants

Les boudins lestés au sable ou aux graines sont lourds. Placés sur le passage, ils peuvent faire trébucher. On les installe de façon à ne pas gêner l’ouverture de la porte ni le passage des personnes. Avec de jeunes enfants, la couture doit être très solide, et on évite les remplissages qui, en cas de déchirure, se répandraient facilement.

Un objet qui prend sa place

Un boudin de porte en velours côtelé ocre, posé dans un couloir blanc, devient un petit accent de couleur. En laine tissée, il ajoute une texture chaleureuse. L’avantage du fait maison est qu’il suit exactement la largeur de la porte, sans compromis.

Pour commencer ce soir

Mesurer la largeur de la porte qui laisse passer le plus d’air avec un simple ruban, noter la longueur, puis retrouver dans un placard un vêtement ou un tissu épais qui pourrait devenir l’enveloppe. Le week-end suivant, le couloir sera moins froid.

Dans la même pile

Une lettre par saison

Quatre fois par an : une matière à ressortir, une lumière à régler et un rituel simple pour la saison qui arrive.

En vous inscrivant, vous acceptez notre politique de confidentialité.